cuberdon.net cuberdon.net

Rolleiflex avec Martin

” Je vais un peu relancer mon Instagram”

Martin a du temps à perdre cette semaine-là. D’ailleurs, si vous cherchez Martin… il est souvent là-bas, à perte de vue, en route vers de nouveaux projets. Si pour la plupart d’entre nous, les projets en restent à ce stade, il en est d’autres pour qui ce n’est qu’une étape pour arriver aux suivants. Quand j’ai rencontré Martin, il disait à qui voulait l’entendre qu’il allait partir “d’ici peu” en Amérique du Sud, à la roots. Quand je l’ai croisé ensuite, il en revenait de ces quelques mois, le sac au dos et le nez en l’air. C’était juste une parenthèse que nous pouvions suivre en direct.

Avec son air de ne pas y toucher, il avait de temps à autres balancé des images de son périple sur Tumblr et Instagram. Quelques photos accompagnées de quelques commentaires. A profusion au début du voyage et nettement moins par la suite, vous savez ce que c’est hein… Mais quand même, on s’étonne de la qualité esthétique des images, il se débrouille plutôt bien le Martin avec son appareil de substitution (le sien a été volé le deuxième jour). Depuis son retour, il a le projet d’acheter un nouvel, un bon appareil. En fait non, ça c’est fait…

Ce qu’il projette maintenant c’est apprendre la photo et de maîtriser les paramètres de son boitier. En Rolleixant tranquillement ce jour-là, parce qu’il est aussi un peu comédien, Martin me parlait de “relancer un peu mon compte Instagram”…

Voici donc le compte Instagram de Martin: martinstmskn.

Je vous préviens, ça claque !

Merci Martin.

Rolleiflex avec Léa

” Et donc, tu ne vois pas ce que tu fais ?”

Et elle se marre… Effectivement, c’est un peu étrange pour la génération Instagram de ne pas pouvoir regarder au dos de l’appareiL Et quand je lui annonce qu’elle devra attendre quelques jours pour que je sache si je n’ai pas foiré son portrait…

Merci pour la patience.

Rolleiflex avec Jean-Luc

” La vache, ça caille…”

Jean-Luc était à l’école secondaire avec moi. Dans mon souvenir, il était musclé comme une allumette. Mais depuis que je l’ai perdu de vue, il a enchaîné des années de sports de combats, un peu de jobs dans la sécurité et beaucoup beaucoup beaucoup d’heures de sports.

Actuellement, il est prof de gym et surtout coach sportif pour des clubs de rugby ou de hockey.

C’est lors d’une compétition sur un tatami, il y a bien longtemps, qu’il a pris un mauvais coup. Le réveil de cette ancienne blessure a été douloureuse à tous les niveaux, physique et moral. Opération délicate qui oblige le garçon a se mettre sur pause pendant quelques temps. Difficile pour lui de rester en place…

L’occasion était trop belle de mettre cette parenthèse en images.

Il faisait vraiment vraiment froid ce petit matin (-3C°), avec un sale vent qui vous glace un homme en costume.

Mais il est costaud le Jean-Luc !

Merci pour ce moment.

Nikon F2 avec Léa

Le vieil appareil de mon grand-père fait les yeux doux

Il était depuis des années et des années dans le fond d’une armoire, séparé de son bel objectif. J’ai rassemblé le tout, placé un film dans l’appareil. Et puisque Léa était là, elle lui a fait le coup des yeux de biche.

Merci Léa.

(C’est un tank ce Nikon !)

Roumanie

En passant…

Quelques heures en Roumanie pour un tournage dans les ateliers de la société JNL qui conçoit et fabrique des meubles de luxe. Le savoir-faire des ouvriers locaux est consécutif aux années de dictature pendant lesquelles ils ont été obligés de travailler à la construction des palais. Sur la route qui nous mène à l’hôtel, une ou deux images, juste comme ça.

Rolleiflex avec Bénédicte

” Tu m’appelles quand tu arrives à Bruxelles ?”

Pour les besoins d’un tournage, nous cherchons une danseuse bien dans sa tête parce qu’il va falloir dessiner sur son corps progressivement, probablement sans bouger du set. Un message plus tard, Bénédicte est partante pour que nous présentions son profil à la cliente. Elle monte à Bruxelles depuis Strasbourg pour que nous fassions quelques photos à placer au moodboard. Tant qu’à faire, nous les faisons au Rolleiflex, pour le plaisir.

Dès les premières secondes, elle s’écrase au sol en grand écart tranquillement. Impressionné ! De mon côté, je ne suis pas super à l’aise avec le Rolleiflex que je n’utilise que pour la deuxième fois. Elle doit parfois tenir la pose un peu trop longtemps pour que je fasse le point. Ce n’est pas grave, dit-elle. Nous essayons d’autres emplacements, d’autres lumières… En plus, il ne fait pas super chaud dans ce parking ouvert aux quatre vents, mais cela n’entame en rien sa bonne humeur. On continue. Quelques photos au Leica, pendant les instants de pause. Et on y retourne encore…

La prochaine fois c’est toi qui passe devant l’objectif, dit-elle en passant. Histoire d’alimenter son Instagram qui demande tout de même de s’échauffer un peu.

 Le compte Instagram de Bénédicte: xdbenz

Merci Bénédicte pour la bonne humeur !

pause

Un petit geste.

Yashica en Andalousie

” Tu ne viendrais pas bosser ?”

Tournages de plusieurs mois, étalés sur une année pour produire des documentaires en HD pour le “jour où” les télévisions passeront à ce standard révolutionnaire. Je suis émerveillé de croiser ces instants qui semblent surgir du passé. Les portes des ateliers sont ouvertes sur la rue, le linge suspendu en pleine chaleur semble implorer le vent tandis qu’une dame passe engoncée dans des tissus plus arides que les sols. Au milieu de rien, une famille vient de tuer un cochon et nous invite à partager le boudin encore chaud…

Merci et bon-appétit !

R.I.P. HD 1250

” Les gars, vous êtes des pionniers !”

C’était au temps où Bruxelles roucoulait, c’était au temps du cinéma presque muet.  Mais pour nous, Bruxelles c’était loin, parce que nous étions souvent sur la route. Un documentaire ici, un autre là-bas. Qu’importe, le but du jeu était d’engranger des minutes pour produire les programmes du futur, quand les télévisions des foyers passeraient en HD. Ceci dit, engranger des minutes n’était pas une mince affaire. Avant chaque plan, il fallait dérouler le cordon ombilical qui alimentait la caméra, parfois sur des centaines de mètres. Allumer les machines, prier pour que les batteries tiennent le coup et choisir d’ouvrir ou de fermer la porte de la camionnette pour éviter que la chaleur ne fasse claquer tout le bazar.

Mais nous ne nous lassions pas de regarder l’image sur le moniteur. C’était magnifiquement lisse et incroyablement défini. C’était au temps où nos appareils étaient chargés avec de la pellicule, c’était au temps du cinéma aux grains. C’était au temps où ‘ô grand jamais’, les films ne se tourneraient autrement qu’avec des bobines. Car seul le film à la saveur de l’incertitude.

Ce qui est certain, par contre, c’est que la HD 1250 est morte, remplacée par un standard HD de moindre qualité et que tous les films tournés pendant ces années de bourlingues ont été transcodés. Heureusement, il reste dans le fond d’un tiroir quelques vues argentiques pour nous souvenir que tout s’efface avec le temps. Surtout les principes du cinéma ô grand jamais digital.

Merci HD 1250, c’étaient d’excellents moments.

Rolleiflex Skate

” Hey m’ssieur, c’est quoi cette boite ? “

Un jour les creux vides, un autre bondés de bondissants. Cet endroit n’est jamais pareil, mais reste toujours cette impression de surimpression de la ville à travers les grilles. Et quand la lumière se lève, les ombres se détachent sur le sol tâché.

Merci pour cette tentative de poésie.

Anonyme à Dunkerque

” Réfléchir fait passer l’ombre à la lumière.”

Ce détournement, initié en mars 2014, 70 ans après la construction des blockhaus par l’armée allemande dans les dunes de Flandre, s’inscrit dans la tradition du Land Art mais avec une dimension esthétique et politique qui lui est propre. More

Nathatoo

” Ma vie à fleur de peau”

A quel âge as-tu fais ton premier tatouage ?

A 18 ans et 2 mois!

 Pour quelle raison ?

Je pense que la première fois où j’ai parlé de me faire tatouer, je devais avoir aux alentours de … 11 ans! Ma mère m’a dit “Ok mais pas avant tes 18 ans”. J’ai donc eut tout le temps d’y réfléchir, de fouiller le net à la recherche de styles et de dessins. Je me souviens que j’hésitais entre un tribal et une guerrier japonaise ! Je me suis rendue sans rendez-vous chez un tatoueur qu’une amie connaissait, pour y faire ses piercing. Je suis rentrée et il m’a piquée de suite. 45 minutes plus tard me voilà tatouée.

Cela peut cependant remettre en cause le travail de certains tatoueurs qui n’ont pas de scrupules à copier le travail des autres. Mais ceci est un autre débat! 🙂

 Quelles ont été les réactions de ton entourage ?

Plutôt bonnes en fait. Ma grand-mère n’était pas très chaude mais dès mon retour, elle a regardé et m’a dit “Bon ça va il est beau, c’est bien”.

 Est-ce que celui-ci a été fait en une traite, ou comporte-t-il différentes phases ?

J’ai attendu 10 ans pour me refaire tatouer. Pour différentes raisons, je ne voulais plus le faire “à la va vite”, sans choisir mon tatoueur, ni en ayant une copie d’un tatouage déjà existant. Sur mon dos, il y a donc “3”  tatouages. Le premier, un tribal dans le bas du dos, ensuite l’entièreté du dos à été réalisé par Bernard Lompré et un petit rajout à été fait sur l’épaule droite à un tournant de ma vie, toujours par Bernard.

 Est-ce que tu pourrais en expliquer les significations ?

Les significations sont assez personnelles. Ce que je peux en dire, c’est que cela représente des moments forts de ma vie, mes croyances ou des personnes, valeurs importantes à mes yeux.

Tu dis souvent “mon tatoueur “, est-ce qu’il y a une relation privilégiée, de confiance avec lui ?

Pour recouvrir mon dos, je voulais un tatouage de style Polynésien. Pour autant, n’étant pas polynésienne, je ne voulais pas ‘spolier’ leur culture, je ne voulais pas non plus faire ce tatouage chez une personne qui n’y connait strictement rien aux significations. J’ai donc recherché Le tatoueur parfait. Bernard Lompré à appris à tatouer en Polynésie, il connait donc les significations des symbôles et y ajoute sa touche personne ce qui était pour moi la combinaison parfaite.

Bernard, utilise la même technique que les tatoueurs de là-bas, c’est à dire un dessin ‘à main levée’. Je suis arrivée chez lui, nous avons discuté du tatouage, de moi, de la vie, des significations que je voulais intégrer au tatouage, … ensuite, au feutre de couleur, il dessine les contours du tatouage, il t’explique les quelques petites choses qu’il va faire. Si la forme te convient, c’est parti, il te pique et tu ne découvre qu’à la fin ce que donne ton tatouage. (Quand je dis “la forme, les contours” c’est comme si tu dessine un rond sans rien dedans, ensuite Bernard le remplira à main levée.) La relation de confiance est énorme dans ce cas là ! Tu fais une confiance totale à ‘ton’ tatoueur.

Tous les commentaires que j’avais entendu à son sujet était positifs, j’ai donc sauté le pas. Et le résultat est parfait.

En parfaite harmonie avec mes courbes, avec ce que je désirais.

 Ton tatouage est principalement sur le dos, pourquoi ? Est-ce que c’est ta face cachée, celle que tu ne vois pas dans le miroir ?

Effectivement, le premier je l’ai fait dans le dos pour ne pas le voir tous les jours, je ne voulais pas me lasser de le voir en quelque sortes. Ensuite cela m’a semblé naturel de prolonger celui dans le dos. Et puis certains endroits me paraissent moins féminins mais cela n’est que ma vision personnelle… 

tumblr_nl5os5GoLK1uo6klno1_400

Est-ce que les photos te donnent une autre vision de toi-même ou de ton tatouage ?

La séance photo est arrivée à un moment où je ne me sens pas en harmonie avec mon corps. Prise de poids, changements, etc… Du coup, j’ai pris mon courage à deux mains pour la faire car je savais que cela pouvait m’apporter une autre vision de mon corps, un autre rendu que celui du miroir. Et effectivement, le résultat n’est pas le même que lorsque je me vois avec mes propres yeux ! C’est comme si pour une fois, je pouvais me regarder à travers les yeux de ceux qui me regardent. Cela m’aide à aimer un peu plus mon corps. Et quoi de plus important que de s’aimer soi-même ! 

 

Portra avec Charlie

Dans les entrailles de la péniche des Scouts marins

Première photo en Portra 400 devant les portraits du Roi et de la Reine qui décorent les parois de bois de la vieille péniche. Des bancs courent sur tous les bords de la pièces en attente des moutards en foulard. Sur les rebords des fenêtres, des objets qui semblent tout droit sorti d’une brocante détonnent dans cet espace dédié à la jeunesse. Des odeurs d’humidité et de mazout flottent dans l’air sans que cela ne soit vraiment étrange, avec un peu d’effort on y trouverait même un peu de réconfort. Ici, il fait chaud alors que sur le pont, le vent est glacial. Le soleil qui pénètre par les écoutilles rebondit sur les cuivres, trace des taches de lumière un peut partout dans la pièce. C’est presque féérique, quasi Noël. Au milieu de tout ça, Charlie patiente.

Merci Charlie !